
Trois mois aujourd'hui. Depuis trois mois et ce fameux coup de fil qui bouleverse tout, un lendemain de Nouvel An, Thanh est mon fils. La plus belle des nouvelles pour commencer une nouvelle année. Trois mois. Un trimestre. Le temps de passer de l'hiver au printemps, du sombre à la lumière.
Ma lumière, je l'attend toujours, mais je sais qu'elle est devant moi. Depuis trois mois, comme toutes les autres familles qui attendent, je n'ai aucune nouvelle. Je ne sais pas si mon fils va bien, s'il marche, s'il a prononcé ses premiers sons, s'il attend que sa maman vienne le chercher. Je ne sais qu'une chose: j'ai hâte, moi, de le rencontrer.
Trois mois d'attente, c'est à la fois court et très long. Qu'est-ce que trois mois dans une vie? D'ailleurs, les deux premiers mois se sont écoulés sans trop de stress: je savais que je ne partirai pas avant l'écoulement de ce délai. Et puis, Destinées était sur le mode pause. Alors, j'ai tout préparé tranquillement.
Mais depuis début mars, tout a changé. Sept familles sont parties il y a quinze jours, puis deux cette semaine. Une avalanche de bonnes nouvelles et de superbes rencontres avec Iris, Ysaline, Lucas, Aymeric dans le nord du pays, Hoan, Lucas et Tom dans le sud. Le dernier mois qui vient de s'achever a donc été un peu plus difficile à vivre, entre grand bonheur pour ces familles nouvellement formées et l'attente du départ. Comme si pas une minute ne pouvait s'écouler sans penser au fameux coup de fil.
Nous sommes encore sept familles en attente dans mon groupe. Et comme j'ai été la dernière apparentée, six autres familles attendent depuis encore plus longtemps que moi d'aller chercher leur enfants. Et puis il y a encore six familles dans le groupe suivant le nôtre. Qui seront les prochains à partir? Peu importe. L'essentiel, c'est que des parents s'envolent vers leurs enfants. Très vite, pour marquer ce printemps qui commence. Que l'avalanche de bonnes nouvelles et de belles rencontres ne s'arrête pas.